Livres - N°143 - Janvier/Février 2018

Livres

Toutes voiles dehors

Puisqu’il n’existe que peu d’ouvrages sur la Mini-Transat et puisqu’elle a fêté ses 40 ans en 2017, Patrick Benoiton comble ce manque en y consacrant un épais et passionnant livre. Il a toute légitimité pour le faire : journaliste dans des magazines de voile, il a rencontré de nombreux navigateurs l’ayant faite et y a lui-même participé en 1997. Ce n’est pas la plus médiatisée des courses en solitaire sans assistance et pourtant c’est celle qui engage les plus petits bateaux : 6,50 m. L’exploit de la traversée de l’Atlantique est d’autant plus exceptionnel. Organisé chaque année impaire depuis 1977, le parcours a changé au fil des ans. Il relie la France aux Antilles depuis 2013. L’auteur revient donc sur l’histoire de la Mini-Transat, à la rencontre de ceux qui l’ont créée, vécue, organisée…

40 ans de Mini-Transat, A la rencontre de l’Homo oceanus minitransatus, Patrick Benoiton, éd. Glénat, 336 pages, 19,99 €

 

Bande dessinée

Opération Copperhead, c’est une histoire aussi vraie que rocambolesque du contrespionnage britannique pendant la Seconde Guerre mondiale. À partir d’un fait réel, le dessinateur landais Jean Harambat crée de toutes pièces une histoire d’une inventivité folle et réalise un pastiche désopilant et fantaisiste de trois protagonistes : les comédiens David Niven, Peter Ustinov et Clifton James.

Il s’agit, selon une idée de Winston Churchill, de recruter et de former un sosie (Meyrick Edward Clifton James) pour jouer le rôle du général Montgomery – le général des forces alliées, alors surveillé par les nazis – et ainsi induire en erreur l’ennemi quant au lieu réel du Débarquement. Dans le même temps, alors que la capitale anglaise subit le Blitz, la vie se déploie dans les cabarets où officie une vénéneuse – et néanmoins charmante – jeune femme, Vera…

L’auteur a reçu le prix René Goscinny pour cet ouvrage.

Opération Copperhead, Jean Harambat, éd. Dargaud, 178 pages, 22,50 €

 

Syndrome de Stockholm ?

En février 1974, Patricia Hearst, petite-fille du célèbre magnat de la presse William Randolph Hearst, est enlevée contre rançon par un groupuscule révolutionnaire dont elle ne tarde pas à épouser la cause, à la stupéfaction générale de l’establishment qui s’empresse de conclure au lavage de cerveau.

Professeure invitée pour un an dans une petite ville des Landes, l’Américaine Gene Neveva se voit chargée de rédiger un rapport pour l’avocat de Patricia Hearst, dont le procès doit bientôt s’ouvrir à San Francisco. Un volumineux dossier sur l’affaire a été confié à Gene. Pour le dépouiller, elle s’assure la collaboration d’une étudiante, la timide Violaine, qui a exactement le même âge que l’accusée et pressent que Patricia n’est pas vraiment la victime manipulée que décrivent ses avocats...

Mercy, Mary, Patty, Lola Lafon, éd. Actes Sud, 240 pages, 19,80 €

 

Glisse en mer

Un condensé de surf, pour en reprendre des petites doses tout au long de l’hiver, voilà comment on pourrait présenter ce livre sorti au début de l’automne. Ecrit par une référence du domaine, Matt Warshaw, ancien rédacteur en chef de Surfer Magazine, ce beau livre au format pratique (pas trop grand ni trop lourd) regroupe une mine d’informations et de photos souvent inédites. On peut y piocher au hasard puisque chaque double page aborde un sujet, systématiquement illustré. Les chapitres regroupent les articles dans l’ordre chronologique, depuis la naissance de la première forme du surf, au Pérou il y a 3 000 ans, quand les pêcheurs se laissaient porter par la vague de retour de leurs sorties en mer. Le surf de loisir est, lui, apparu à Hawaii vers 300 quand les premiers Polynésiens débarquèrent sur l’archipel. Le sport est alors devenu une pratique courante de toute la nation. «Le surf tel qu’on le connaît aujourd’hui a été inventé sur une alaia, une planche de taille moyenne, entre 1,80 et 2,10 m de long, pesant environ 20 kg», au xixe siècle à Hawaii, raconte l’auteur. Le journaliste et écrivain Jack London participa à faire connaître ce sport au début du xxe sècle, quand, fasciné, il s’y essaya à Honolulu et décrivit son expérience dans la presse américaine. Ainsi, Matt Warshaw retrace la longue histoire de ce sport de glisse à travers de nombreuses anecdotes et personnages qui ont marqué le surf, jusqu’à aujourd’hui.

Une brève histoire du surf, Matt Warshaw, éd. Glénat, 272 pages, 25 €

 

Défendre l’océan

En 2017, l’association Sea Shepherd, fondée par le charismatique et très médiatique Paul Watson, a fêté ses quarante ans. Cet activiste écologiste ne cesse de se déplacer à travers le monde pour défendre la planète en général et l’océan en particulier, avec des actions en forme de coups de poing, largement relayées dans les médias pour avoir plus de poids encore. Exilé pendant deux ans en France, il a témoigné lors de la COP21 à Paris en décembre 2015 et sorti un petit livre, Urgence ! Si l’océan meurt nous mourrons (Glénat, 2016).

Les missions que se donne l’association sont spectaculaires : renvoyer chez eux les chasseurs de baleines en Antarctique, faire cesser le massacre des globicéphales aux îles Féroé, empêcher le braconnage dans l’océan Austral, mettre fin à l’emprisonnement des animaux dans les parcs aquatiques… Quarante années de luttes acharnées sur lesquelles revient Lamya Essemlali, la fondatrice de la branche française de l’association.

Paul Watson, Sea Shepherd, le combat d’une vie, Lamya Essemlali, éd. Glénat, 312 pages + 24 pages de photos, 19,99 €

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