Nature - N°87 - Septembre/Octobre 2008

Un cueilleur averti en vaut deux

Aussi agréable soit-elle, la cueillette des végétaux dans les milieux naturels répond à certaines règles.

 

Avec l’automne reviennent les joies de la cueillette des champignons et autres fruits de la forêt. Mais cette activité si agréable n’est pas aussi anodine qu’elle y paraît. Elle est en effet soumise à un certain nombre de règles parfois inconnues du grand public. Pour faire le point, la direction territoriale de l’Office national des forêts (ONF) Sud-Ouest vient de publier une plaquette d’informations pratiques à ce sujet, intitulée «La cueillette des végétaux dans les milieux naturels».

Tout d’abord, s’il paraît évident que le cueilleur doit se montrer respectueux de l’environnement (ne pas piétiner les plantes ni les arracher), il est important de savoir que de nombreux végétaux sont protégés et que les cueillir constitue un délit. La liste est longue1. Mais mieux vaut ne pas ignorer la loi car les sanctions sont sévères. Le fait de porter atteinte à la conservation d’espèces végétales protégées est puni de six mois d’emprisonnement et de 9 000 € d’amende (article L 415-3 du code de l’environnement).

Même pour les espèces autorisées, le cueilleur doit faire attention. Théoriquement, toute cueillette ou ramassage de champignons en forêt est soumis à l’accord préalable du propriétaire. Dans le cas contraire, le cueilleur est considéré comme un voleur et encourt en conséquence les sanctions pénales prévues à l’article R 331-2 du code forestier. Ce dernier prévoit une amende proportionnelle au volume de produits ramassés. Une amende qui peut s’élever jusqu’à 1 500 €. En pratique, la majorité des propriétaires autorisent ou tolèrent les cueillettes et les ramassages à caractère familial. Les quantités prélevées sont modestes et destinées à une consommation domestique. Mais s’assurer de l’accord du propriétaire doit constituer un préalable à tout ramassage. Des arrêtés préfectoraux ou municipaux peuvent compléter cette réglementation, il est donc prudent de se renseigner auprès de la commune concernée.

Les points réglementaires évacués, le cueilleur n’en est pas pour autant complètement tranquille. D’un point de vue sanitaire, là encore, des règles doivent être respectées. Concernant les champignons, «il existe environ 3 000 espèces en France dont seulement une trentaine sont comestibles», précise l’ONF. Les autres sont toxiques voire mortelles. Il est donc conseillé de ne cueillir que des champignons que l’on connaît bien. Et comme une erreur est vite arrivée, les conseils d’un spécialiste sont les bienvenus.

Dernier risque à ne pas négliger : l’échinococcose alvéolaire. Egalement appelée ténia du renard, cette maladie parasitaire est due au développement dans le foie de la larve d’un petit ver. Potentiellement grave (elle peut être fatale si elle n’est pas diagnostiquée à temps), elle est transmissible à l’homme par les déjections de certains animaux infectés. «Un individu se contamine en mangeant les fruits parasités situés au ras du sol.» Néanmoins, les symptômes sont tardifs puisque la durée d’incubation de la maladie peut atteindre 5 à 15 ans. Il est donc fortement conseillé de ne jamais consommer crus les fruits récoltés dans la nature à faible distance du sol (myrtilles, fraises des bois). Le lavage, même énergique, n’a aucun effet, pas plus que la congélation. Seule la cuisson détruit les œufs microscopiques porteurs de la maladie. La consommation des champignons ne pose, elle, aucun problème.

 

1 Voir le site http://inpn.mnhn.fr/inpn/fr/download/reglementations.htm

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