Nature - N°86 - Juillet/Août 2008

Circulez, y’a plein à voir !

Le conseil général vient de sortir trois nouveaux documents pour découvrir les richesses du département.

 

Les Landes ne sont pas réputées pour être une destination de randonnée. A côté des reliefs et de la diversité des paysages des régions montagneuses, l’attrait du département pourrait paraître restreint avec ses successions de pins et de champs de maïs. Pourtant, chaque année, quelque 35 000 personnes arpentent les circuits pédestres et VTT (vélo tout terrain) qui sillonnent le territoire landais. «Bien sûr, nous n’avons pas le pic du Midi d’Ossau ou le mont blanc, mais nous avons le Tuc des neuf églises !», sourit Denis Quillacq, directeur du service environnement au conseil général. A la tête d’une équipe de «seize personnes à plein temps», il gère et développe le réseau départemental de randonnée. Un réseau qui compte actuellement 3 200 kilomètres d’itinéraires pédestres et VTT, 250 kilomètres de pistes cyclables et 400 kilomètres de circuits équestres.

Selon Denis Quillacq, la monotonie du département n’est qu’une vilaine légende. «Les Landes offrent une grande variété de paysages aux amateurs de randonnée.» Et pour prouver ses dires, il entraîne ses auditeurs dans une promenade verbale à travers les «richesses» locales. «Les points de départ des circuits se font depuis des villages qui ont un attrait particulier : une belle église, des maisons de caractère… Ils mènent les randonneurs près de beaux airials, traversent ou longent des forêts galeries comme le long de la Leyre, et utilisent le petit patrimoine rural (lavoir, fontaines miraculeuses) pour susciter l’étonnement ou la curiosité. Les circuits au niveau des Barthes, la plaine alluviale de l’Adour sont très intéressants à découvrir d’un point de vue faunistique. A l’état de prairies pâturées, ils attirent beaucoup d’oiseaux comme des hérons, des aigrettes ou des cigognes. Depuis les crêtes des coteaux de Chalosse, on a souvent des vues panoramiques magnifiques sur le bocage et le patrimoine bâti tel que de petits châteaux du xviie siècle ou des églises romanes. Quant à la côte, outre une forêt dunaire vallonnée, elle présente de nombreux lacs et courants littoraux.»

Pour permettre à tout un chacun de découvrir les «espaces intimes» du département, le conseil général vient de publier trois nouveaux documents.

En collaboration avec la Fédération française de randonnée, le conseil général a édité le topo-guide Les Landes… à pied (13,50 €). Disponible en librairie, magasin de sports, maison de la presse et dans certains offices de tourisme, il compile les quarante plus belles promenades et randonnées réalisables dans le département. Deux se situent sur la Côte Sud : le tour du lac d’Hossegor et le Tuc des neuf églises à Capbreton. Chaque circuit, classé de «très facile» à «difficile», dispose de sa carte, des indications de parcours et d’informations touristiques ou historiques. Le fascicule de 144 pages comprend également trois circuits de grande randonnée de pays, des boucles en itinérance permettant de partir sur plusieurs jours. La plupart des itinéraires proposés peuvent également être réalisés en VTT et certains à cheval.

En partenariat avec la Fédération française de cyclotourisme, le conseil général a également publié le cyclo guide Les Landes à vélo (15 €). Présenté sous la forme d’un coffret de vingt-quatre fiches circuits, il s’adresse aux amateurs de vélo sur route. Les itinéraires ont été réalisés en fonction de l’intérêt patrimonial, naturel ou culturel des endroits traversés. Deux circuits sont proposés sur la Côte Sud : «Océan, lac et forêt» autour de Seignosse et «Du Gouf au Boudigau» autour de Capbreton. Les parcours sont détaillés pas à pas, accompagnés d’une description, d’une carte claire et d’informations pratiques (nourriture, hébergement, services). Les circuits empruntent principalement des voies secondaires à faible trafic.

Dernière nouveauté en date, la carte des Pistes cyclables et voies vertes. Gratuite, tirée à quelque 20 000 exemplaires, c’est un document essentiellement cartographique qui permet à l’amateur de bien se repérer sur le réseau de pistes cyclables qui dessert le département, principalement sur la côte depuis Biscarrosse jusqu’à Tarnos, mais également sur les trois voies vertes landaises. Anciennes voies ferrées désormais inutilisées par la SNCF, elles ont été achetées par le conseil général qui les a réaménagées en pistes rustiques. Entièrement dédiées à la pratique de la marche, du VTT et de la randonnée équestre, toute circulation motorisée y est interdite (voir encadré).

Pour les plus mordus, le Département édite également différents rando guides, qu’il réactualise régulièrement. Les férus de randonnées pédestres et VTT sont les plus gâtés avec pas moins de quinze exemplaires différents couvrant la quasi-totalité du territoire landais. Dans chaque secteur, un rando guide (1,50 €) propose une douzaine de petites randonnées de 5 à 20 kilomètres dans des chemins nature. Le rando guide n° 7 s’intéresse ainsi au secteur Seignanx, Maremne et Côte Sud. Il est composé de douze fiches circuits avec carte IGN, description du parcours et informations pratiques. Le secteur du Marensin (au nord de Soustons) est le seul du département à ne pas encore disposer de rando guide. Mais l’écueil devrait bientôt être comblé, la sortie du rando guide dédié étant prévue pour 2009.

Les amateurs d’équitation, enfin, disposent de leur propre rando guide (1,50 €). Il comprend trois circuits en itinérance et deux itinéraires plus courts réalisables en une journée. Situés principalement dans l’est du département, ils sont repérés avec des balises «tourisme équestre» portant un fer à cheval.


Les atouts des Landes

Les amateurs de grands dénivelés ont peu de chance de trouver leur bonheur dans les Landes, mais les circuits de randonnée départementaux ont des atouts qui pourront satisfaire bien des publics.

Facile : ici, les itinéraires sont facilement accessibles. L’un des plus hauts «sommets» sur les chemins de randonnée est le Pouy de Montsué qui culmine à 168 mètres d’altitude…

Familial : cet accès aisé, couplé à de nombreux circuits courts, permet de se balader sans difficulté avec des enfants.

Tranquille : peu renommées pour leurs itinéraires de randonnées, les Landes permettent de se promener tranquille, à l’écart des chemins battus des grandes destinations du genre.

Gastronomique : rares sont les villages de départ des circuits sans un restaurant avec à la carte un plat ou un menu du terroir. En pleine campagne, sur le bord d’un chemin, il est courant qu’une ferme auberge ou une table d’hôte ponctue les étapes.

Remise en forme : premier département thermal français, les Landes regorgent de stations reconnues pour les bienfaits de leurs eaux ou de leurs boues : Dax, et Saint-Paul-lès-Dax bien sûr, mais aussi Eugénie-les-Bains, Saubusse et Préchacq-les-Bains. Rien de tel après la marche ou le vélo qu'une séance de remise en forme pour assurer l'étape du lendemain...


Les voies vertes

Au nombre de trois, ces anciennes voies ferrées réhabilitées offrent de longs parcours tantôt encaissés, à couvert sous des tunnels d’arbres, tantôt en surplomb proposant de vastes panoramas sur les plaines ou les coteaux traversés. Des aires de repos permettent des haltes ombragées.

La voie verte du Marsan et de l’Armagnac

Elle démarre de Gabarret aux confins du Lot-et-Garonne et suit les traces de Lucien, jeune Gabardan quittant au début du XIXe siècle son pays natal pour se rendre en train au lycée Victor-Duruy à Mont-de-Marsan où il sera pensionnaire. Son histoire, celle des lieux traversés et des coutumes gasconnes sont contées tout au long du parcours, sur environ 50 kilomètres. La voie passe par Labastide d’Armagnac, fleuron des bastides landaises. Elle devient piste cyclable sur 15 kilomètres entre Villeneuve-de-Marsan et Mont-de-Marsan.

La voie verte de la Chalosse

Elle démarre aux portes de Dax, et se déroule sur près de trente kilomètres jusqu’à Saint-Sever, siège d’une abbaye bénédictine classée au patrimoine mondial de l’humanité au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle passe par Montfort-en-Chalosse, ancienne bastide du XIIIe siècle, avec son église romane classée monument historique et le domaine de Carcher, qui abrite le musée de la Chalosse retraçant la vie des Chalossais au XIXe siècle.

La voie verte des Landes de Roquefort

Au nord-est du département, elle démarre à Roquefort, bastide érigée en 1357 par un acte royal signé avec le comte du Marsan. Elle se dirige au nord vers la Gironde (à 20 kilomètres) où elle relie, à Captieux, une piste dédiée à la randonnée non motorisée qui traverse la Haute Landes girondine et débouche dans le Sauternais. C’est l’assise de la voie de Vézelay des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les «pèlerins» font halte à la chapelle de Lugaut, dominant un ruisseau qui abrite des fresques du XIIIe siècle, classées monument historique.

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